À Sèvres comme ailleurs, les relations de voisinage ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. Parfois, un simple désaccord – sur une plante, un mur, une infiltration – déborde la sphère privée pour s’inviter chez… l’assureur.
C’est ce qui m’est arrivé : mon voisin a saisi son assurance pour un dégât des eaux présumé. Rien d’anormal jusque-là : l’assurance est faite pour ça.
Mais très vite, le même voisin a pointé du doigt le fameux bitume répandu chez moi, en mon absence, par un camion municipal. Et la mécanique s’emballe : expertises improvisées, demandes de factures, courriers… en cascade !
Après le bitume générateur d’inondations, voici venu le tour du lierre destructeur.
Le jour même où je demande à la mairie de répondre enfin à mon courrier — resté lettre morte pendant plus d’un an —, mon voisin m’accuse d’abîmer son garage avec, m’assure-t-il, « mon lierre » envahissant.
Je lui rappelle gentiment qu’il ne s’agit pas de mon lierre mais bien de son ampélopsis — la sienne, et non la mienne. Comprenne qui voudra.
Résultat ? La confiance se délite.
L’assureur, loin de jouer les arbitres neutres, devient parfois — volontairement ou non — le porte-voix d’un seul côté.
Et le même voisin se retrouve à l’origine de deux dénonciations infondées.
Deux enseignements s’imposent :
-nos assurances, si précieuses dans la vie quotidienne, doivent rester des boucliers de protection, non des armes de pression ;
-et nos institutions locales devraient s’assurer (sans jeu de mots) que de simples litiges de voisinage ne se transforment pas en guerres de tranchées.
Au fond, c’est toujours la même question qui revient :
-qu’il s’agisse d’un dégât des eaux opportunément déclaré, d’un ralentisseur trop haut ou d’une plante jugée envahissante,
–qui contrôle les contrôleurs ?
À Sèvres, mieux vaut surveiller ses plantes que ses voisins.

Bernard FONTAINE
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