Image générée

À Sèvres comme ailleurs, les relations de voisinage ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. Parfois, un simple désaccord – sur une plante, un mur, une infiltration – déborde la sphère privée pour s’inviter chez… l’assureur.

C’est ce qui m’est arrivé : mon voisin a saisi son assurance pour un dégât des eaux présumé. Rien d’anormal jusque-là : l’assurance est faite pour ça.
Mais très vite, le même voisin a pointé du doigt le fameux bitume répandu chez moi, en mon absence, par un camion municipal. Et la mécanique s’emballe : expertises improvisées, demandes de factures, courriers… en cascade !

Après le bitume générateur d’inondations, voici venu le tour du lierre destructeur.
Le jour même où je demande à la mairie de répondre enfin à mon courrier — resté lettre morte pendant plus d’un an —, mon voisin m’accuse d’abîmer son garage avec, m’assure-t-il, « mon lierre » envahissant.
Je lui rappelle gentiment qu’il ne s’agit pas de mon lierre mais bien de son ampélopsis — la sienne, et non la mienne. Comprenne qui voudra.

Résultat ? La confiance se délite.
L’assureur, loin de jouer les arbitres neutres, devient parfois — volontairement ou non — le porte-voix d’un seul côté.
Et le même voisin se retrouve à l’origine de deux dénonciations infondées.

Deux enseignements s’imposent :
-nos assurances, si précieuses dans la vie quotidienne, doivent rester des boucliers de protection, non des armes de pression ;
-et nos institutions locales devraient s’assurer (sans jeu de mots) que de simples litiges de voisinage ne se transforment pas en guerres de tranchées.

Au fond, c’est toujours la même question qui revient :
-qu’il s’agisse d’un dégât des eaux opportunément déclaré, d’un ralentisseur trop haut ou d’une plante jugée envahissante,
qui contrôle les contrôleurs ?

À Sèvres, mieux vaut surveiller ses plantes que ses voisins.

Bernard FONTAINE

Posted in

Une réponse à « Quand Séraphin Lampion fait son nid à Sèvres »

  1. Avatar de Jean-C. Deschoses
    Jean-C. Deschoses

    J’ai lu ton nouvel épisode, cher compatriote Sévrien, et je dois t’avouer qu’on croirait une adaptation municipale des Pieds Nickelés. Un voisin chatouilleux, un assureur distrait, et, au-dessus de tout cela, un maire qui regarde passer les courriers sans y répondre, comme d’autres regardent tomber la pluie.

    Ce qui m’intrigue, ce n’est pas tant l’agitation du voisin ni la légèreté de l’assureur que la constance du silence municipal. Quand une collectivité se tait, c’est rarement par oubli : le silence, en droit administratif, est un abri commode. Il évite d’écrire, donc d’assumer.

    J’en viens même à me demander si ton voisin n’a pas, sans le vouloir ou peut-être très complaisamment, servi de paravent. En déclenchant une querelle de voisinage, il a déplacé le débat : on ne parle plus d’une bévue communale, mais de la pluie qui ruisselle et d’un lierre envahissant. Et l’assureur, en s’engouffrant dans cette version, évite lui aussi d’avoir à examiner la véritable origine du désordre.

    Pendant ce temps, le maire peut se retrancher derrière l’apparence d’un différend privé et esquiver la question de fond : celle d’une possible faute détachable du service – ce moment où l’acte d’un agent public ou d’un élu n’est plus simplement maladroit, mais devient irrégulier.

    Le silence de la mairie, dans ce contexte, n’est donc pas une absence : c’est une tactique. On feint d’ignorer pour mieux s’exonérer. Continue à écrire, à dater, à documenter : c’est la seule arme contre ce genre de mutisme administratif. La parole du citoyen finit toujours par laisser une trace.

    J’aime

Laisser un commentaire