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L’expression « du goudron et des plumes » désigne habituellement une sanction infamante infligée jadis à ceux que la collectivité jugeait fautifs.

À Sèvres, ce n’est pas une métaphore.

En décembre 2023, un camion de travaux publics mandaté par la commune pour combler une tranchée dans ma rue due à une hypothétique fuite de gaz me demande, en fin de journée, s’il peut déverser dans mon allée « un petit reste de bitume »… À mon retour, je découvre que ce « petit reste » recouvre en réalité une vingtaine de m². Une opération complète, réalisée sans devis ni autorisation, qui change radicalement la donne.

Dès le lendemain, j’écris au maire : information des faits, demande d’un titre de paiement. Silence. Près d’un an plus tard, j’ai dû faire retirer ce revêtement à mes frais. J’informe le fisc. La mairie, elle, ne répond toujours pas.

Juillet 2025 : rebelote. Un ralentisseur trop haut, dans une rue de Sèvres, vient heurter le bas de caisse de mon véhicule. Facture et mesures à l’appui, je demande réparation. La commune, là encore, tarde à répondre.

Une question simple : qui contrôle les contrôleurs ?

  • La mairie doit contrôler ses prestataires.
  • Elle doit corriger les erreurs constatées.
  • Elle doit répondre avec transparence et diligence aux habitants.

La confiance dans les institutions locales ne se nourrit pas de grands discours, mais de gestes simples : reconnaître les faits, les corriger, en rendre compte. À défaut, le bitume finit toujours par laisser des traces.

Et si vous aussi avez été témoins d’errances dans notre commune, ne laissez pas ces expériences s’effacer dans le silence. Racontez-les. Plus nous serons nombreux à témoigner, plus la mairie devra entendre nos voix.

À vos plumes !

Bernard FONTAINE

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Une réponse à « Du goudron et des plumes »

  1. Avatar de Jean-C. Deschoses
    Jean-C. Deschoses

    Ah, cher ami Sévrien, te voilà bien servi ! Je découvre ton histoire de bitume – et j’en reste pantois. On croit rêver : des agents communaux qui se débarrassent d’un « petit reste » chez l’habitant, comme on vide un pot de peinture avant le week-end.

    Tu as eu le tort – ou la candeur – d’être aimable. La veille de Noël, qui aurait refusé un service présenté comme anodin ? Personne ne s’attend à ce qu’un geste complaisant fasse de vous un suspect, sinon un délinquant en puissance.

    Ton aventure me rappelle la nouvelle d’Edgar Poe, Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume. On y voit les pensionnaires d’un asile se rebeller et prendre la place des soignants, dans un renversement aussi absurde que logique.

    Derrière cette drôlerie noire se cache pourtant un vrai sujet : celui d’un service public qui ne respecte plus les limites de sa mission. Et que dire du silence de la mairie ? Dans certaines communes, un simple appel suffirait à régulariser la situation ou à présenter des excuses.

    Quand d’autres repeignent tout en vert pour paraître dans l’air du temps, à Sèvres, il faut croire qu’on préfère laisser durcir le bitume – un exercice inédit de black washing.

    Moralité : ta naïveté t’honore, mais la probité candide et le lin blanc protègent-ils vraiment contre la noirceur du bitume et des intentions cachées ?

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