Laissez-moi vous narrer un fait qui ne manque pas de SEL (quel Sévrien ne connaît pas le SEL ?) et réparer un oubli par la même occasion.
En même temps que la missive municipale, j’ai reçu un courrier de notre Séraphin Lampion -pardon : de la MATMUT. Vous savez : l’assureur qui s’est emparé du bitume municipal pour m’imputer potentiellement la responsabilité d’un dégât des eaux survenu chez mon voisin. Ah ! Comme il a bon dos, mon bitume — « ce pelé, ce galeux d’où (viendrait) tout leur mal » !
Agacé par mes observations dubitatives sur la déclaration de sinistre effectuée par mon voisin, l’assureur en question m’assure (logique pour un assureur !) que son assuré est légitime en tout.
D’abord, d’avoir déclaré le sinistre en date du 27 septembre de l’an dernier… même si l’assureur admet — enfin — que c’est seulement la date de la déclaration, et non celle de la survenance du sinistre lui-même.
Mais alors, quel cas faire de l’article L.113-2 du Code des assurances, qui fixe aux assurés un délai ne pouvant excéder cinq jours ouvrés pour déclarer un sinistre dont ils seraient victimes ?
Cela veut-il dire que cet assureur est prêt à considérer tout dégât survenu il y a dix ans ou plus et déclaré aujourd’hui seulement ? Quelle largesse !
Légitime aussi, ledit voisin, d’avoir produit un rapport de visite rédigé par une entreprise qu’il a rémunérée lui-même — alors que l’assureur a des obligations de vigilance et de prudence à respecter pour s’assurer de la nature et de l’origine des sinistres dont il est avisé. À défaut, il prend le risque de se laisser… inspirer par des versions intéressées.
Et de m’inviter à répondre favorablement aux « sollicitations » qui me seraient adressées pour lui permettre d’instruire cette affaire.
Une coïncidence veut que la mairie, au même moment, m’écrive pour m’annoncer — après près de deux ans de silence — l’ouverture d’une enquête interne sur l’incident du bitume.
Simple hasard de calendrier ? Peut-être.
Le voisin, l’assureur, et enfin la mairie : l’air des Lampion se chante en chœur à Sèvres.

Bernard FONTAINE
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