Ronron se terre dans un silence ouaté. Alors même qu’un automne aux couleurs d’été indien s’attarde au-dessus de nos têtes, invitant à la promenade, il s’est pelotonné dans son antre — et il hiberne, le bienheureux !
Au moins a-t-il pris la peine, grâce lui soit rendue, de me répondre — fort courtoisement de surcroît — avant de regagner sa tanière. Oh, n’allez pas croire qu’il me répond sur le fond ! Ne rêvons pas (ça, c’est l’apanage de Ronron : qui dort… rêve !).
Mais il a enfin accusé réception de mes nombreux courriers et désigné un chargé de mission pour me servir d’interlocuteur. Un progrès !
Si mince soit cette avancée, on se prend à espérer : peut-être que la municipalité, dans un sursaut de transparence, va finir par m’éclairer sur les dessous bitumineux de cette étrange affaire.
Le chargé de mission dispose encore d’une quinzaine de jours pour me répondre, sachant que, si le silence municipal devait perdurer au-delà de cette échéance, il me resterait la possibilité de saisir la CADA.
Je parle bien sûr de la Commission d’accès aux documents administratifs — cette instance discrète mais précieuse, gardienne du droit de savoir des citoyens.
Quinze jours : une éternité, à l’échelle du temps administratif. D’ici là, comme dirait Brassens dans sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, « il risque de se faire tard… et je ne peux/Dire à ces braves gens : (pressez-vous) donc un peu ! »

Bernard FONTAINE
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