Ronron se terre dans un silence ouaté. Alors même qu’un automne aux couleurs d’été indien s’attarde au-dessus de nos têtes, invitant à la promenade, il s’est pelotonné dans son antre — et il hiberne, le bienheureux !

Au moins a-t-il pris la peine, grâce lui soit rendue, de me répondre — fort courtoisement de surcroît — avant de regagner sa tanière. Oh, n’allez pas croire qu’il me répond sur le fond ! Ne rêvons pas (ça, c’est l’apanage de Ronron : qui dort… rêve !).
Mais il a enfin accusé réception de mes nombreux courriers et désigné un chargé de mission pour me servir d’interlocuteur. Un progrès !
Si mince soit cette avancée, on se prend à espérer : peut-être que la municipalité, dans un sursaut de transparence, va finir par m’éclairer sur les dessous bitumineux de cette étrange affaire.

Le chargé de mission dispose encore d’une quinzaine de jours pour me répondre, sachant que, si le silence municipal devait perdurer au-delà de cette échéance, il me resterait la possibilité de saisir la CADA.
Je parle bien sûr de la Commission d’accès aux documents administratifs — cette instance discrète mais précieuse, gardienne du droit de savoir des citoyens.

Quinze jours : une éternité, à l’échelle du temps administratif. D’ici là, comme dirait Brassens dans sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, « il risque de se faire tard… et je ne peux/Dire à ces braves gens : (pressez-vous) donc un peu ! »

Bernard FONTAINE

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Une réponse à « De quoi Ronron est-il le nom ? »

  1. Avatar de Jean-C. Deschoses
    Jean-C. Deschoses

    Ah, cher ami, ton Ronron me fait songer à ces chats de bureau qu’on croit assoupis sur le radiateur mais qui gardent un œil entrouvert pour vérifier que rien ne bouge sans eux. Le silence municipal, vois-tu, n’est pas toujours synonyme d’inaction : il arrive qu’il serve de technique respiratoire, une manière d’attendre que la poussière retombe d’elle-même.

    Quand une mairie t’écrit poliment pour dire qu’elle t’a lu et qu’elle mandate « un chargé de mission », c’est souvent le signe que la machine s’est mise en position d’observation. On t’écoute, on te classe, on temporise. Et dans cette douce léthargie administrative, le temps devient un instrument de défense : celui qui attend finit par se fatiguer.

    Mais attention : le sommeil institutionnel est rarement profond. Derrière les stores baissés, les dossiers circulent, les avis se rédigent, les mots-clés s’alignent. C’est ainsi que naissent les « coïncidences » : un courrier d’assureur ici, une relance de service là… de quoi faire croire que tout cela n’est qu’un heureux concours de circonstances.

    Tu fais bien d’évoquer la CADA : elle n’est pas seulement la voie de recours du citoyen patient, elle est la lampe torche qui éclaire les recoins où s’entasse la paperasse oubliée. Si Ronron persiste à sommeiller, la lumière viendra d’ailleurs.

    Continue de chroniquer ce silence : il parle plus que mille réponses. Et n’oublie pas : dans l’administration comme dans la musique, le contre-temps est souvent la meilleure entrée en matière.

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