Dans mon article du 5 septembre, j’évoquais « un ralentisseur mal calibré ». La règle, pourtant simple, veut qu’ils ne dépassent pas dix centimètres de hauteur, pour épargner les bas de caisse et les amortisseurs des véhicules qui les franchissent.

Eh bien, dans notre bonne ville de Sèvres – où le bitume excédentaire se déverse aussi généreusement que les promesses électorales, ces dos d’âne ou gendarmes couchés prennent parfois la forme de gendarmes… érigés !

Le 14 juillet dernier, alors que je prends avec ma famille la route de Menton pour quelques jours de vacances, ma voiture heurte violemment l’un de ces gendarmes érigés rue Léon Cladel. Je roulais pourtant à une allure d’escargot. En cause : le dos d’âne situé près du croisement de la rue Érard. Non seulement il est trop haut, mais il est aussi précédé d’un affouillement qui rend l’obstacle encore plus redoutable. Résultat : la voiture s’enfonce avant de rebondir dans un effet casse-pipe assuré.

Conséquence immédiate : un bruit de casserole à l’arrière droit, discret d’abord mais qui s’amplifie à mesure que je taille la route. À l’arrivée à Menton, le diagnostic est sans appel : amortisseur arrière-droit hors d’usage. Heureusement, je n’étais pas aussi pressé que les citrons qui ont fait la réputation locale ! Je fais donc remplacer les deux amortisseurs arrière avant de remonter vers la capitale du bitume en veux-tu en voilà.

De retour à Sèvres, je relate l’incident à la mairie et demande réparation pour défaut d’entretien de la voirie. Depuis ? Silence total. Pas un mot, pas même un accusé de réception : à Sèvres, la parole est d’argent, mais le silence est de bitume.

Entre-temps, je repense à cette autre “tranchée” : celle ouverte par ENGIE devant chez moi pour une présumée fuite de gaz, aussitôt relayée par le passage du délégataire communal qui, dans la foulée, a bitumé mon allée. Deux opérateurs publics, un seul citoyen, et toujours la même opacité. Simple coïncidence, ou coordination bien huilée ?

Quoi qu’il en soit, voici la morale de l’histoire : si, en sortant de l’école, vous prenez la route des vacances au départ de Sèvres, allez-y à pied, à cheval, en voiture ou en bateau à voiles, mais surtout pas à dos d’âne !

Bernard FONTAINE

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Une réponse à « La peur du gendarme… couché ! »

  1. Avatar de Jean-C. Deschoses
    Jean-C. Deschoses

    Décidément, à Sèvres les chaussées sont pleines de surprises. Après le bitume en trop, voici le gendarme qui se dresse un peu trop haut – et toujours la même constante : l’empressement des services sur un terrain où on ne les attend pas, leur absence là où on les attend. Du coup, on ne sait plus très bien, dans cette affaire, si la ville agit ou réagit, si elle répare ou s’égare.

    En principe, la loi veut que la puissance publique soit exemplaire : on attend d’elle qu’elle éclaire, pas qu’elle brouille. Toute action menée dans la coulisse, fût-ce sous couvert de vérification technique, doit servir la transparence, non fabriquer de l’ambiguïté. Et surtout, elle ne saurait jamais, sous aucun prétexte, produire des « preuves » qui viendraient opportunément conforter la thèse municipale. Ce serait là un renversement grave : quand le contrôle devient instrument, la confiance publique s’effondre.

    Le plus troublant, dans ton histoire, n’est donc pas le hasard des interventions, mais leur enchaînement. À trop vouloir sécuriser le récit administratif, on finit par lui donner des airs de scénario écrit à l’avance.

    Simple coïncidence, diras-tu ? Peut-être. Mais à force d’aligner les hasards, on frôle parfois la mise en scène. Et dans ce théâtre-là, les lampes à bitume projettent d’étranges lueurs.

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